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Un professeur gravira le Kilimandjaro pour soutenir la recherche à l'INRS

27 mars 2013



Yves St-Pierre, professeur au Centre INRS-Institut Armand-Frappier de l'INRS gravira cet été le Kilimandjaro au profit de la Fondation. Nous vous invitons à l'aider à atteindre son objectif philanthropique.

 

À PROPOS DES RECHERCHES DU PR YVES ST-PIERRE :

Les percées du Pr St-Pierre et de son équipe pavent la voie à des applications concrètes qui permettraient de personnaliser les soins en oncologie.

  

 

Voilà près de dix ans que le professeur Yves St-Pierre s’intéresse à la galectine-7. Détrompez-vous, il ne s’agit pas du nom d’une planète lointaine, mais d’une protéine dont l’expression serait liée à plusieurs cancers parmi les plus agressifs, comme ceux du sein, du pancréas, du foie ou du poumon. Les percées du professeur St-Pierre et de son équipe du Centre INRS–Institut Armand-Frappier pavent la voie à des applications très concrètes qui permettraient de personnaliser les soins en oncologie.

En effet, la galectine-7 pourrait bien donner un fier coup de main aux cliniciens afin de mieux identifier et évaluer le potentiel de dangerosité d’un cancer, voire prédire les risques de rechute du patient dans les cinq années suivant les premiers traitements. Mais dans l’immédiat, les chercheurs tentent avant tout de mieux comprendre le rôle paradoxal que joue cette protéine dans les différents cancers.

Lorsqu’il a pour la première fois identifié une forte présence de la galectine-7 dans certains types de tumeurs cancéreuses, Yves St-Pierre était bien loin de se douter que ses recherches seraient aussi fructueuses pour un si grand nombre de cancers. Avant cette découverte, aucun autre groupe de recherche ne s’était penché sur cette obscure protéine, mis à part des chercheurs français qui avaient observé que celle-ci s’exprimait davantage lorsque des cellules de la peau étaient endommagées par les rayons UV. Point à la ligne. Aucune autre recherche, nulle part ailleurs dans le monde, n’avait porté sur cette protéine spécifique.

C’est en travaillant sur des tumeurs du système lymphatique qu’Yves St-Pierre a fait cette première découverte, alors qu’il tentait de comprendre pourquoi certains types de cellules cancéreuses se développaient de manière beaucoup plus agressive que d’autres. Il a ainsi observé que les tumeurs très cancéreuses contenaient 160 fois plus de galectine-7 que celles qui n’étaient pas cancéreuses. Peu de temps plus tard, il a corroboré cette observation en démontrant que l’introduction de cette protéine dans des cellules non cancéreuses transformait celles-ci en tumeurs cancéreuses beaucoup plus malignes. À l’inverse, en retirant la même protéine des cellules très cancéreuses, celles-ci devenaient inoffensives. Pour l’équipe de recherche, il s’agissait d’une première preuve de concept solide démontrant l’importance de cette protéine dans le développement des cancers lymphatiques.

Une protéine omniprésente
Curieux d’en savoir davantage sur l’étendue du rôle de la galectine-7 dans le développement des cancers, Yves St-Pierre s’est par la suite associé à l’expertise du pathologiste Louis Gaboury de l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC). Cette collaboration s’est avérée extrêmement prolifique, car les deux chercheurs ont pu ensemble démontrer, dans un premier temps, que la galectine-7 s’exprime dans deux formes très agressives du cancer du sein. Enthousiasmés par ces résultats, ils ont poursuivi leurs recherches sur d’autres formes de tumeurs et identifié la présence de la galectine-7 dans un très grand nombre de cellules cancéreuses épithéliales, mieux connues dans le monde médical sous le nom de carcinomes.

« On retrouve des cellules épithéliales un peu partout dans le corps humain, explique Yves St-Pierre, notamment dans la peau et les muqueuses, ainsi qu’autour des organes internes. Et c’est pourquoi ce type de tumeurs touchent un si grand nombre de cancers : prostate, pancréas, vessie, ovaires, poumons, reins… En fait, 80 à 90 % des cancers sont des cancers épithéliaux. Et nous avons identifié la présence de galectine-7 dans presque tous ces types de cancers. »

Mieux comprendre le comment et le pourquoi
Après avoir identifié ce coupable, ou à tout le moins cet important suspect, encore fallait-il comprendre comment cette protéine influençait le développement des tumeurs cancéreuses. À ce stade de la recherche, le mystère s’est épaissi, car les chercheurs ont découvert que la galectine-7 jouait un rôle paradoxal, comme si celle-ci avait une double vie : dans certains types de cancer (notamment du sein), elle favorise les cellules cancéreuses en les rendant plus résistantes à la mort cellulaire régulée, un phénomène qu’on appelle apoptose. Mais pour d’autres cancers (du côlon et de la prostate, par exemple), c’est l’inverse qui se produit : la galectine-7 affaiblit les cellules cancéreuses en les rendant plus sensibles à cette mort cellulaire. Pourquoi? « On ne le sait pas pour l’instant, précise Yves St-Pierre. C’est maintenant ce qu’on cherche à faire : mieux comprendre le rôle que la galectine-7 joue dans la mort cellulaire. On sait qu’elle se lie à une autre protéine nommée BCL-2 et que cette dernière a elle aussi un rôle à jouer à cette étape, et c’est là-dessus qu’on travaille actuellement. Mieux comprendre le comment et le pourquoi. »

Vers une médecine plus personnalisée et préventive
Malgré toutes les questions qui subsistent, une chose est certaine : les connaissances sur la galectine-7 acquises par l’équipe d’Yves St-Pierre ouvrent déjà la porte à des avenues thérapeutiques novatrices très concrètes. La galectine-7 pourrait notamment être utilisée pour modifier le processus d’apoptose dans certains types de cancer. Elle pourrait également être utilisée comme biomarqueur afin d’identifier plus précisément les tumeurs les plus dangereuses, de prévoir la réaction de ces tumeurs aux traitements de chimiothérapie et de radiothérapie et de prédire les risques de rechute au cours des cinq années suivant les premiers traitements : « Les biomarqueurs sont très populaires en recherche en ce moment, explique Yves St-Pierre. Dans certains cas, ils peuvent être utilisés pour prédire le développement de certaines maladies, mais dans le cas de la galectine-7, ce serait plutôt en vue d’identifier et d’évaluer la dangerosité d’un cancer et de donner des outils aux cliniciens pour mieux contrôler la maladie. » De nouvelles études sont toutefois nécessaires pour valider ces hypothèses.

Enthousiasmé par ces résultats et par l’essor de la recherche anticancer un peu partout dans le monde, Yves St-Pierre prédit une véritable révolution dans les traitements d’oncologie, notamment parce que le développement des cellules cancéreuses est aujourd’hui beaucoup mieux compris qu’il ne l’était autrefois : « On ne parle maintenant plus du cancer du sein comme une seule maladie, mais de cinq types de cancers différents avec plusieurs traitements possibles, conclut-il. Mais peut-être que dans 10 ans, on va dire que non, il y a plutôt 15 ou 20 sortes de cancers du sein. Tout ça va aider les cliniciens à mieux personnaliser le traitement pour chaque patient en fonction des différents types de cancer et, bien sûr, avec moins d’effets secondaires. C’est dans cette direction qu’on s’en va. »

Source : Université INRS   


« Vers une plus grande personnalisation des traitements d'oncologie : La double vie de la galectine-7 » de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 2.5 Canada. Les autorisations au-delà du champ de cette licence peuvent être obtenues en contactant la rédaction en chef. © Institut national de la recherche scientifique, 2013 / Tous droits réservés / Photos © Christian Fleury



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